Biographie
René Ginet (1927-2014) est un zoologue et entomologiste. Reconnu pour la qualité de son travail, il est considéré comme l’un des pères de la biologie souterraine, son domaine d’étude de prédilection.
Son parcours scientifique commence dès 1946 avec l’obtention de son baccalauréat en sciences expérimentales. Il poursuit ses études avec une licence en sciences (1948-1951) où il obtient non seulement son diplôme en zoologie générale mais aussi de préparateur de laboratoire.
Il soutient sa thèse de doctorat en sciences en 1960, qui porte sur la biologie des crustacés souterrains, plus particulièrement du genre Niphargus, des amphipodes gammaridés hypogés. La spécificité de son sujet d’étude est le cycle de vie très lent de ces crustacés cavernicoles qui imposera à sa thèse de durer près de huit ans. Niphargus devient cependant son modèle biologique de prédilection durant toute la durée de sa carrière. Sous les encouragements du professeur Wautier, il fonde une équipe de recherche en biologie souterraine à Lyon et crée en 1962 le laboratoire souterrain de la Grotte de Hautecourt (Ain), devenu depuis 1980 une Réserve Naturelle Nationale. Ce laboratoire a été inspiré de la grotte laboratoire de Moulis (Ariège) créée en 1954 par le professeur Vandel, où il y travaillait régulièrement. Elle permit de mettre en place des élevages et des expérimentations multiples facilitant notamment le suivi des cycles de développement des organismes étudiés.
Ses travaux sont encore aujourd’hui considérés comme une référence dans le domaine de l’écologie souterraine. Ils lui permettent d’être nommé Chevalier de l’ordre des Palmes académiques et Commandeur de l’ordre national du Mérite.
Son rôle dans la vie universitaire, notamment en tant que professeur est aussi remarqué considéré comme un enseignant hors pair avec des connaissances scientifiques impressionnantes.
Dans le même temps, il devient membre de la Société linnéenne de Lyon en 1949.
Lien avec la spéléologie :
René Ginet a une place majeure dans le paysage de la spéléologie en France. En effet, il est l’un des membres fondateurs de la Fédération française de spéléologie en 1963. Il en sera par la suite vice-Président de 1965 à 1967, président de 1967 à 1970 et enfin Membre d’honneur à partir de 1986. En 1968, il a aussi été délégué représentant la France à l’Union internationale de spéléologie et membre de la commission de protection du milieu souterrain (CNRS). En 1979, il crée avec Christian Juberthie la Société de biospéologie, devenue la Société internationale de biospéologie Sibios-ISSB qui est toujours active.
Ses travaux plus en détails :
Durant toute sa carrière, il base ses recherches sur la question : “Pourquoi et comment des espèces animales vivant dans le milieu souterrain sont adaptées à des conditions exceptionnelles de ce milieu et quelles sont leurs caractéristiques physiologiques”. Cela lui a permis de développer trois axes de recherches :
- 1. Biologie et écologie de Niphargus
- En 1952, il publie son premier article à ce sujet nommé “Implantation d’une population de Niphargus virei dans la grotte de La Balme”. Il s’ensuit de nombreux travaux notamment sur leur capacité à creuser des terriers (1955), sur leur réaction face au courant et sur leur activité motrice circadienne.
- Au cours des années 1960 1970, il continue ses travaux sur Niphargus avec son équipe : biologie, comportement sexuel, cycle biologique et développement embryonnaire (avec Marie-José Turquin) ou génital (avec Jean-Louis Reygrobellet). Il essaiera également de discriminer les espèces par leur caractéristiques biochimiques (avec Janine Gibert) ; leur biométrie (avec Christiane Morand) ; caractéristiques physiologiques (avec Jacques Mathieu)
- 2. Ecologie des systèmes souterrains
- Au départ, ses travaux étaient limités à la description de l’architecture de la grotte de La Balme, sa climatologie et de la faune qui s’y trouve qu’il traduit en “domaines”. Il s’oriente par la suite vers le fonctionnement des systèmes souterrains (vers l’écologie trophique) ; génère des travaux sur la nutrition des organismes cavernicoles (importance de la consommation d’argile (et des communautés microbienne qui s’y développent) dans le régime alimentaire des hypogés. Cela l’a conduit à mener des travaux sur les communautés microbiennes souterraines et les protozoaires (avec Anne-monique Gounot et Philippe Pellenard)
- 3. Systématique et biogéographie des organismes stygobies
- Dès 1953, il publie les résultats de ses prospections souterraines dans les chaînes subalpines dauphinoises (Chartreuse et Vercors) et dans le Jura méridional. Ce sera le sujet d’une deuxième thèse publiée en 1961. Il étend ensuite ses travaux aux Pyrénées où il décrit de nombreuses stations à Niphargus et la présence du genre Salentinella
Collection
La collection de René Ginet contient essentiellement des spécimens du genre Niphargus conservé en alcool.
Elle est actuellement en cours de restauration.
Publications
- La grotte de la Balme (Isère) : topographie et faune. Bull. mens. Soc. linn. Lyon, 1952, 21 (1) : 4-17, 21 (2) : 27-31.
- Essai d’acclimation de cavernicoles dans la grotte de la Balme (Isère). Bull. mens. Soc. linn. Lyon, 1952, 21 (8) : 201-202.
- Faune cavernicole du Vercors, 1 Stations prospectées pendant la campagne 1953. Bull. mens. Soc. linn. Lyon, 1954, 23 (2) : 47-51, 23 (3) : 73-80. Avec Genest L.-C.
- Faune cavernicole du Vercors et du Diois, II. Stations prospectées en 1954 et 1955. Bull. mens. Soc. linn. Lyon, 1956, 25 (2) : 57-64, 25 (3) : 86-88.
- Ecologie, éthologie et biologie de Niphargus (Amphipodes Gammaridés hypogès). Thèse Sc. nat. Lyon, 1960, in Annales de Spéléogie, tome XV, fas. 1, 127-237, et fasc. 2, 238-382.
- Les Plans d’organisation du règne animal. Manuel de zoologie. Paris, Doin 247 p. avec A.L. Roux.
- Répertoire des laboratoires et des chercheurs orientés vers l’étude du domaine souterrain, France. Laboratoire souterrain du C.N.R.S., Commission de spéléologie du Centre national de la recherche scientifique, sous la direction de Bernard Gèze, René Ginet, Claude Delamare Deboutteville, Christian Juberthie. Moulis, Laboratoire souterrain du C.N.R.S., 2 éd. complétée et mise à jour
- Initiation à la biologie et à l’écologie souterraines. Paris, J.-P. Delarge, 345 p. Avec Vasile Decou.
- Données biologiques et biogéographiques sur le groupe de Stenophylax cavernicoles en France (Trichoptères). Bull. mens. Soc. linn. Lyon, 1969, 38 (10) : 334-349. Avec Bouvet Y.
- Les Plans d’organisation du règne animal. Manuel de zoologie. Paris, Doin 247 p. avec A.L. Roux.
- Animaux de Franche-Comté. Wettolsheim, Editions Mars et Mercure. Avec Real Pierre, Ginet René, Fayard Armand, Tupinier Yves.
- Présence au Liban du crabe d’eau douce Potamon potamios palaestinensis Bott (Crustacé, Décapode, Potamidé). Bull. mens. Soc. linn. Lyon, 1981, 50 (5) : 149-153. Avec Alouf N.J.
- Rejet du taxon Niphargus minutus (Gervais 1835) et suppression de Niphargus moniezi Wrzeniowski 1890 (Crustacés Amphipodes). Bull. mens. Soc. linn. Lyon, 1988, 57 (5) : 147-149.
- Description d’un néotype et choix d’une nouvelle localité-type pour le crustacé stygobie Niphargus ciliatrus Chevreux 1906, (Amphipode). Bull. mens. Soc. linn. Lyon, 1988, 57 (7) : 215-231.
- Les Plans d’organisation du règne animal. Manuel de zoologie. Paris, Doin, 247 p. 3e tirage rev. et corr., avec A.L. Roux.
- Répartition en France de l’Amphipode hypogé Niphargopsis casparyi (Pratz) (Crustacea). Bull. mens. Soc. linn. Lyon, 1990, 59 (9) : 350-356.
- Présence de l’Amphipode souterrain Niphargus laisi dans le Haut-Rhône français. Bull. mens. Soc. linn. Lyon, 1993, 62 (1) : 26-32.
- Bilan systématique du genre Niphargus en France. Crustacés amphipodes Gammaridea Niphargidae. Bilan établi en 1991 et complété en 1995. Lyon, Société linéenne de Lyon, 242 p.
Sources
- CTHS – GINET René. https://cths.fr/an/savant.php?id=122051. Consulté le 5 novembre 2025.
- Marmonier, Pierre, et al. « Professeur René Ginet (1927-2014) ». Karstologia, vol. 61, no 1, 2013, p. 53‑55. www.persee.fr, https://www.persee.fr/doc/karst_0751-7688_2013_num_61_1_3318.
