Collection Janine Gibert

Biographie

Janine Gibert (1945-2009) est une chercheuse en écologie des eaux douces de l’Université Claude Bernard Lyon 1. Définie comme rigoureuse, enthousiaste et efficace par ses collègues, elle est reconnue comme l’une des biologistes souterraines les plus éminentes.

Ses travaux sur l’étude de la biodiversité souterraine sont largement réputés. En effet, elle est l’une des premières à reconnaître et à faire découvrir l’importance des écosystèmes souterrains et y consacre d’ailleurs toute sa carrière. Ses travaux considérés comme pionniers montrent que le monde souterrain est en réalité un système complexe, riche mais très hiérarchisé. Elle démontre aussi que l’ampleur des espaces souterrains disponibles abritant des organismes vivants ne se résume pas qu’aux grottes mais met en lumière les migrations possibles entre différents habitats hypogéens, connectés. Elle a réellement permis de faire se développer les disciplines portant sur l’écologie souterraine et l’écologie des grottes. Ses travaux et publications sont encore influents aujourd’hui.
Janine Gibert s’est lancée dans ce domaine d’étude des écosystèmes souterrains à la suite de sa thèse consacrée à l’étude des protéines de Niphargus (Crustacé amphipode stygobie). Dès 1994, elle entre alors au Laboratoire d’hydrobiologie et écologie souterraines, Ecologie des eaux douces et des grands fleuves de l’UCBL puis elle prend en 1988 la succession du professeur René Ginet à la tête de l’équipe HBES (HydroBiologie et Ecologie souterraines) où elle donne une dimension pluridisciplinaire aux recherches qui lui vaudront une reconnaissance internationale. Elle prend sa retraite en 2008.

Une autre de ses recherches majeures a été l’étude pendant près de 10 ans du karst de Dorvan, massif calcaire du Jura méridional. Le bilan écologique effectué sur cet écosystème constitue une étape importante de l’histoire de la biospéologie, il a modifié de manière radicale la vision des milieux souterrains.

Dans le même temps, Janine Gibert participe à la protection des espèces souterraines notamment par le biais de la conception et l’animation du programme européen PASCALIS (Protocoles d’évaluation et de conservation de la vie aquatique dans les eaux souterraines), projet novateur visant à caractériser l’étendue de la biologie souterraine à travers les régions géographiques et les types d’habitat. Il conduit au développement de nombreuses expériences innovantes, dont les résultats ont été largement publiés dans des revues académiques biologiques, hydrologiques et interdisciplinaires. Les principaux résultats sont parus dans un volume spécial de Freshwater Biology (Gibert et Culver, en avril 2009).

Son rapport à la spéléologie :
Janine Gibert, au-delà de ses recherches, occupe une place importante dans le paysage de la spéléologie, et plus particulièrement la biospéléologie. Par exemple, elle initie à l’université de Lyon les premières sorties de biospéologie, organise divers enseignements autour de cette thématique mais surtout organise le premier stage régional portant sur l’écologie des milieux karstiques à la base de Torcieu (Ain) en 1982. De 1975 à 1985, elle participe aussi à des journées d’informations de l’Ecole Française de Spéléologie, souvent en compagnie de Roger Laurent et Marcel Meyssonnier. Dès 1968 elle devient membre de la Fédération Française au sein du club GS Fac (Groupe spéléologique de la Faculté des Sciences de Lyon), puis de l’AGRHAUT (Association de gestion de la réserve naturelle de la grotte de HAUTecourt).

Son influence en spéléologie s’étend avec notamment sa participation au premier camp spéléo interclub franco-roumain, durant l’été 1971, avec l’exploration de la Cetatile ponorului à Paris (massif du Bihor en Roumanie).

Dans une suite logique, elle a été membre de la société internationale de biospéologie et en devient trésorière de 2001 à 2008. Elle a aussi été membre de l’association française de karstologie depuis 1983, puis vice-présidente de 1989 à 1993.

Des expéditions majeures :
Janine Gibert a participé à de nombreuses expéditions de grands karsts d’Asie du Sud-Est afin de les caractériser d’un point de spéléologique mais aussi biologique :

  • 1985 : dans le nord de la Thaïlande
  • 1998 et 2000 à Sumatra (Padang et Aceh)
  • 2007 : karst de Maros à Sulawesi

Elle aurait aussi dû participer en 2006 à l’exploration de l’île de Santo (Vanuatu), annulée pour raison de santé.

Collection

Malheureusement il n’y a plus de traces aujourd’hui de la présence réelle de ses spécimens de recherches au sein des collections de zoologie. Ils auraient été jetés ? Seules quelques photographies et moins d’une dizaine de lames sont présentes dans un tiroir à son nom.

Toutefois son rôle pour l’amélioration de la gestion des collections de zoologie de l’UCBL n’est pas à négliger. En effet, en tant que responsable à partir de 1994, elle a écrit en 2006 une rubrique dans le magazine de l’UCBL “Club” évoquant rapidement l’histoire et la composition des collections de zoologie afin de les valoriser. Cette rubrique a été écrite en collaboration de Jacques Ducruet, maître de conférences émérite et responsable des collections à cette époque.

Publications

Elle rédige beaucoup sur le sujet de la spéléologie notamment entre 1976 à 1979 en faisant partie de l’équipe de rédaction de la revue départementale “Spéléologie-dossiers”. Elle coédite également le texte fondateur “Groundwater Ecology” qui met en lumière la biologie souterraine des grottes. Son édition est suivie de “Groundwater / Surface Water Ecotones“ en 1997 qui met en évidence le rôle de la science interdisciplinaire dans la gestion des écosystèmes dominés par les eaux souterraines. Elle apporte aussi sa contribution à “The ecology and management of aquatic-terrestrial ecotones”, “Hydrosystèmes Fluviaux” ; Rhône en 100 questions, un dictionnaire français-anglais de l’écologie des eaux douces à destination des étudiants”.

  • Faune aquatique souterraine de France : base de données et éléments de biogéographie (2003, article)
  • L’aquifère de la source du Lez : un réservoir d’eau… et de biodiversité (1997, article)
  • Puig J.M. (1987). Le système karstique de la Fontaine de Vaucluse. Thèse 3ème cycle, Fac. Sc. d’Avignon, Géologie appliquée – mention Hydrogéologie (1987, review)
  • Carte hydrogéomorphologique au 1/10 000 du karst de Dorvan. (Jura méridional, Ain, France) Présentation et principales données sur l’hydrogéologie et l’hydrochimie de ce karst (1983, article)
  • This author is the subject of some public

Sources

  1. Dole Olivier, Marie-José, et al. « Janine Gibert : 29 août 1945 – 14 avril 2009 ». Karstologia, vol. 53, no 1, 2009, p. 53‑54. www.persee.fr, https://www.persee.fr/doc/karst_0751-7688_2009_num_53_1_2923.
  2. Gibert, Janine – Persée. https://www.persee.fr/authority/397680. Consulté le 4 novembre 2025.
  3. Gibert, Janine (1945-….). https://www.idref.fr/028817737. Consulté le 4 novembre 2025.
  4. https://research.com/u/janine-gibert
  5. https://bcra.org.uk/pub/docs/downloads.html?f=cks108068.f